Agenda culturel Hiver et Printemps 2014

Pour bien commencer l’année et achever l’hiver en beauté, voici quelques expositions pour s’inspirer et se ravir l’esprit.

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"The Happy Show", La Gaïté Lyrique, jusqu’au 9 mars 2014

Happy Show

Stefan Sagmeister, graphiste de formation, nous invite à explorer le bonheur à travers une exposition ludique et multisensorielle. Films d’animation, maximes recopiées sur les murs de type "s’inquiéter ne résout rien", installations en tout genre : vélo à énergie lumineuse, distributeur de chewing gums à choisir en fonction de son degré de happiness, défis à accomplir et autres expériences interactives sont au rendez-vous. Petit bémol néanmoins, la partie mettant en lumière les théories socio-économiques du bonheur (pyramide de Maslow, lien avec l’amour, l’argent, la drogue etc.) est à mon sens un peu simpliste voir parfois franchement caricaturale. Si "cette exposition ne vous rendra pas plus heureux" – mise en garde de l’artiste – pensez cependant à réserver vos places le week-end. Des nocturnes sont prévues pour les quatre derniers jours de l’exposition.

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"Alex Katz, 45 ans de portraits, 1969-2014", Galerie Thaddaeus Ropac, du 02 mars au 12 juilet 2014

Katz travaillant sur l'une de ses toiles

Si vous ne connaissez ni Alex Katz, ni la grande sœur de la rue Debeylleme à Pantin, une double occasion de coup de cœur esthétique s’offre à vous ! Tout d’abord parce que Alex Katz est un artiste de renom trop peu connu en France, à la peinture graphique qui mêle figuration du sujet sur fond de monochrome en contraste. Et aussi parce qu’avec ses 47 000 m², l’ancienne chaudronnerie reconvertie en temple de l’art est un véritable écrin baigné de lumière, prouvant que Pantin c’est aussi le "Grand Paris" – Chanel et Hermès y ont établi leurs ateliers respectifs, rappelons-le ! Monographie acidulée aux allures de rétrospective, l’exposition regroupera une centaine d’œuvres de 1960 à nos jours. Personnellement, j’ai découvert l’artiste américain à travers sa série sur la danse "Face the Music", et en dehors de ma sensibilité pour cette pratique, j’étais heureuse de voir enfin sur la scène contemporaine de la peinture, de la couleur et de la figuration…  Tout simplement ! Vernissage le 02 mars de midi à 17h.

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"Papier glacé : un siècle de photographies de mode chez Condé Nast", Palais Gallieradu 1er mars au 25 mai 2014

Papier Glacé, Galliera

Plongez dans les archives des plus grands noms de la photographie de mode de 1918 à nos jours : Cecil Beaton, Irving Penn, Bruce Weber, Helmut Newton, Peter Lindberg, Paolo Roversi…! La liste est longue, environ quatre-vingts photographes, mais nous enchante. Une merveilleuse opportunité pour réviser ses classiques et (re)découvrir près de cent-cinquante tirages, sorte de compilation du meilleur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W entre autres. Cette exposition thématique fait entrer en résonance le travail des photographes qui ont contribué à forger l’identité visuelle de ce magma de la presse avec en prime quelques créations de couturiers, magazines consultables sur écran et documentaires.

Alber Watson Vogue US 1977

 

"Henri Cartier-Bresson"Centre Pompidoujusqu’au 9 juin 2014 

HCB

"Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur."

Riche de plus de cinq cents œuvres multi-supports (photographies, films, dessins, peintures…), cette exposition événement retrace les travaux du photographe, de ses débuts surréalistes à son épopée chez Magnum, tout en montrant des œuvres plus inédites et méconnues. Dix ans après sa disparation, cette rétrospective a en effet pour vocation de renouveler l’héritage multiple de Henri Cartier-Bresson, génie en matière de captation de l’instant et profond témoin des grands tournants du XXème siècle.

Henri Cartier-Bresson

 

Pierre Huyghe et Philippe Parreno : étranges étrangetés

Le Centre Pompidou et le Palais de Tokyo leur ont récemment consacré deux expositions. L’occasion de confronter leurs travaux respectifs, dont les fondements se font irrésistiblement écho.

Parreno Huyghe

Quoi de commun en effet entre ces deux artistes ?

Tout d’abord, ils sont issus de la même génération et ont collaboré ensemble à travers Ann Lee, personnage de manga qu’ils ont racheté à une banque d’images pour lui redonner vie en 3D avec No Ghost just a shell.

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De plus, par leur approche radicalement nouvelle d’appréhender l’oeuvre d’art et sa mise en scène, ils ont revitalisé l’art contemporain, offrant un second souffle à cet univers parfois hermétique et saturé de concepts.
En endossant la posture de scénographe, ils appréhendent ainsi l’exposition comme un acte créatif, son montage faisant partie intégrante de l’oeuvre.

A ce titre, au Palais de Tokyo, avec "Anywhere, Anywhere, Out of the World"Philippe Parreno a entièrement revu l’espace  -22 000 mètres carrés- à son image.  Il a investi les lieux, les a fait siens en créant un parcours intégralement rythmé par la transcription à quatre mains pour piano de Petrouchka de Stravinski. Dès la porte d’entrée -elle-même couronnée d’un auvent lumineux- le ton est donné : la billetterie incandescente, aveugle le visiteur, les fenêtres recouvertes d’un film opaque, le confronte à une appréhension biaisée de l’extérieur, l’éclairage clignotant par intermittence, mette ses sens en alerte. Véritable expérience multisensorielle , Philippe Parreno mêle avec précision, les sons, les images, les objets, à travers des installations qui nous invitent à repenser sans cesse notre perception de l’espace. On ressort de l’exposition comme d’un voyage imaginaire.

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Même constat chez Huyghe où la Galerie Sud du Centre Pompidou a été repensée par l’artiste qui l’a à la fois agrandi, en empiétant sur l’extérieur et en se jouant des contraintes de sécurité, mais aussi adapté, en gardant la trace des expositions précédentes (présence de cartels, couches de peintures successives révélées etc.). L’espace est ainsi au service des œuvres qui entrent en résonance, se répondent et se complètent.

En mouvement perpétuel, le statut de l’oeuvre est de plus interrogé et appréhendé à la manière d’un organisme vivant. A ce titre, dans le cadre de la Documenta 13 à Kassel, Pierre Huyghe a investi le compost du parc baroque de Karlsaue, où il a placé des éléments disparates comportant entre autres, une sculpture des années 30 à la tête dissimulée par un essaim d’abeilles et Human une chienne blanche à l’intriguante patte teintée de rose. Par cette démarche où la nature joue un rôle central, Pierre Huyghe se plaît à recréer des environnements, des écosystèmes dans lesquels il en observe les évolutions sans totalement les maîtriser.

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De la même façon, pour "The Host and the Clound", Pierre Huyghe a fixé le cadre -15 acteurs soumis à des situations en direct dans l’ancien Musée des arts et traditions populaires- et a laissé place à l’improvisation. Filmée sur trois jours précis, la Toussaint, la Saint Valentin et la Fête du travail, cette intense et sublime expérience, condense en deux heures tous les fantasmes et obsessions de l’artiste. Sorte de rêve éveillée, d’immersion dans l’inconscient, ce film se situe à la limite du réel mêlant en son sein, rapport de séduction, de pouvoir et de soumission. Enchevêtrement de saynètes aux ramifications à la fois indépendantes et liées, "The Host and the Clound" est à mon sens, un véritable chef d’oeuvre. Si vous avez l’opportunité de le voir, sautez sur l’occasion. Personnellement, je suis retournée voir l’exposition à plusieurs reprises pour venir à bout de ces 120 minutes difficilement synthétisable en quelques mots.

133302_pierre_huyghe (1)En définitive, la force de Pierre Huyghe et de Phillippe Parenno réside dans cette capacité à hanter, à poursuivre le visiteur alors même qu’il a quitté l’exposition, le poussant sans cesse à découvrir de nouvelles grilles de lectures, à enclencher de nouvelles sources de réflexion.

Emmanuel Carrère, anatomie du ressenti

Il y a je crois, des moments plus propices à la lecture et à l’écriture.
L’été fait pour ma part, résolument partie de cette période.

La douceur de l’air et la liberté du temps vacant sont une invitation toujours plus grande à la réflexion et aux émotions.

Vous l’aurez compris, ici je ne parlerai ni de mode, ni d’art mais de littérature.

Je suis quelqu’un qui lit très lentement, dont l’attention peut parfois très vite se dissiper mais lorsque je tombe en émoi pour une oeuvre, elle me marque durablement.

J’ai en effet, été poursuivi depuis deux mois par un auteur : Emmanuel Carrère.

Emmanuel Carrère

Primé du Renaudot pour Limonov, il est le fils de l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse et se caractérise par un bibliographie riche et multiple.

Personnellement, ce sont ses oeuvres les plus intimes qui m’ont les plus frappée : Un roman russe et D’autres vies que la mienne.

Un roman russe relate deux histoires parrallèles, un tournage en Russie où l’auteur à la recherche de ses origines va découvrir la vie d’une petite ville perdue Kotelnitch, et son amour passionnel avec Sophie, une jeune femme d’un autre milieu social que le sien.

Un roman russe

En toute honnetété, c’est par le biais de cette nouvelle érotique, écrite pour le Monde en 2002 et baptisé L’usage du "Monde" - en référance non seulement à Nicolas Bouvier mais aussi à l’emploi qu’il fait de cette commande pour le supplément été du journal – que j’ai découvert Un roman russe.

Foncièrement amusée par les lubies parfois un peu ridicules de l’auteur qui dans un scénario rocambolesque, déclare son désir ardent à sa compagne dans une tourmente quasi-paranoiaque sur fond de trajet en train, j’ai cherché à savoir si les choses s’étaient passées comme prévu. L’histoire m’avait intriguée et j’ai voulu approndir le sujet à la lecture de ce roman russe où l’auteur revient sur les faits.

Véritable livre patchwork, il rassemble sept années de vie, des tranches d’existences qui nous font découvrir l’auteur dans ces angoisses et retranchements les plus profonds. On y parle de secrets familiaux, de pauvreté, de paradoxes, de statuts sociaux, de frustration et d’inachevé. C’est triste, parfois assez auto-centré mais aussi très lucide, résolument beau.

En parlant de lui-même, Emmanuel Carrère parle en filigrane des autres et le fait avec brio.

Cette habilité, l’auteur la confirme dans D’autres vies que la mienne.

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La force de ce récit m’a tant portée que je n’ai pas laché le livre d’une semelle.
Ici, Emmanuel Carrère se fait le témoin d’histoires terribles : des parents perdent leur petite fille dans le tsunami en Thaïlande et sa belle-soeur est emportée par le cancer. Comme il le dit si justement, il vit de loin ces évènements tragiques, reconnaissant parfois sa position délicate, un brin égoiste. Il se sent abandonné et est empreint de culpabilité. On lui suggère par sa posture d’écrivain de retranscrire les faits et finalement, c’est cette entreprise qui lui permettra de grandir et de trouver sa place dans ces moments difficiles.

Emmanuel Carrère explore avec sincérité les travers de la psychologie humaine. Et c’est cette dimension émotive, pleinement ressentie et à la limite de la littérature performative, que j’ai beaucoup apprécié. Bravo !

Chloé, 60 ans de création

"Chloé est une perle. Je vous la donne, elle est pure, sans tâche. Alors s’il vous plaît, ne l’abîmez pas…"

Gaby Aghion

Chloé c’est avant tout une attitude, "un esprit pionnier et audacieux avec de douces ruptures" pour reprendre les mots de Helene Schoumann (Chloé, Editions Assouline).

Chloé Assouline

Fruit des idées novatrices de Gaby Aghion, intellectuelle cultivée venue d’Égypte, Chloé bouscule complètement le secteur de la Haute Couture parisienne d’après-guerre.

Las du vestiaire classique et sur-mesure de la bourgeoise de l’époque, Gaby Aghion introduit un nouveau concept en créant des vêtements disponibles immédiatement et qui se démarquent par leur grande qualité de la confection. Nous sommes en 1952 : le prêt-à-porter de luxe est né.

Gaby Aghion

La créatrice choisit le prénom de son amie Chloé Huysmans pour baptiser sa marque car il évoque par ses sonorités la rondeur et la féminité. La griffe s’affiche alors en rose saumon, embossée sur une étiquette ronde, au fond sable qui rappelle les couleurs du désert de son enfance.

Chloé Logo

Empreinte de liberté, la femme Chloé se définit par sa sensualité, son énergie et sa délicatesse. Il en découle des silhouettes fluides, qui allient légèreté et transparence.

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Personnellement, l’univers de Chloé me rappelle par son côté "bohème chic" assez caractéristique, les tenues vaporeuses illustrées par les Préraphaélites à l’image de John William Waterhouse.

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Et ses jeunes filles délicates et romantiques me font irrésistiblement penser à l’oeuvre de David Hamilton.

David Hamilton

L’arrivée de Karl Lagerfeld en 1966 permet à Chloé de jouir d’une notoriété internationale. La marque s’inscrit alors dans la modernité et les célébrités de l’époque à l’image de Brigitte Bardot, Grace Kelly, Jackie Kennedy se pressent dans la nouvelle boutique du 7ème arrondissement de Paris.

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Après les allers et venues de la tête pensante de Chanel et une période de flottement, la maison entre dans une nouvelle ère en convoquant de jeunes directrices artistiques venues tout droit de Grande-Bretagne. Ces dernières ont le sens des pièces structurées, du tailoring mais savent également par leur désinvolture travailler le flou, jouer sur les mix des matières.

Ainsi, en 1997, la maison accueille Stella Mac Cartney, alors âgée de 25 ans qui insuffle à la marque un esprit très contemporain inspiré de sa mère Linda. C’est un tournant pour la maison qui sous la présidence de Ralph Toledano, est couronnée de succès.

Tee-Shirt Ananas Stella Mac Cartney pour Chloé

Son bras droit Phoebe Philo lui succède en 2001 et apporte sa touche personnelle de féminité, cet esprit "baby-doll" très remarqué lors du défilé de l’été 2006. Elle sera aussi à l’origine du célèbre sac Paddington.

CHLOE by Phoebe Philo Eté 2006

En 2008, Hannah Mac Gibbon prend la suite, après la parenthèse incomprise du suédois Paulo Mellim,
pour enfin passer le flambeau à Clare Waight Keller, actuelle directrice artistique depuis 2011.

Pour son dernier défilé automne-hiver 2013-2014, la femme Chloé s’affranchit des codes traditionnels de la féminité et s’aventure dans la jungle urbaine sous des airs d’étudiante rebelle en soif d’aventure.

Vêtue de cape et de grand manteau en guise d’armure protectrice, elle arpente le podium, besace sous le bras et mocassins au pied. L’esprit collège transparait par la dominance du bleu marine et du blanc. Salopettes, bermudas et pantalons amples s’affirment et donnent aux silhouettes une démarche non-chalente que la présence de cols sages tempère. Plus tout à fait innocente, légèrement influençable, la jeune fille Chloé a soif d’indépendance. Armée de grosses bagues et d’une agrafe sur le lobe de l’oreille, elle porte des jupes à bretelles telles des harnais, de larges ceintures et des robes chasubles ornées de bijoux cloutés. Prête à affronter les nuits froides, elle s’emmitoufle de matières chaudes et arbore une jupe en fourrure, rassurante comme un ours en peluche.

Dans cette atmosphère gangster sur fond de hip-hop, la jeune fille Chloé garde aussi de sa fraîcheur. Le mélange audacieux des matières joue sur la transparence et adoucit son côté "bad-girl". Elle se montre à la fois précieuse en arborant une robe grillagée tout en bijoux et délicate vêtue d’une longue robe en plissé de soie d’inspiration antique. Le défilé se clôt sur deux pièces fortes : des jupes en plumetis déstructurées et asymétriques, en version noire et blanche. Tel le cygne de Tchaikovsky, la femme Chloé a deux facettes, elle est à la fois mystérieuse et douce.

Défilé Chanel Métiers d’Art Paris-Edimbourg 2012

Depuis 2002, Karl Lagerfeld consacre un défilé aux Métiers d’Art.
Ce dernier met à l’honneur le savoir faire artisanal traditionnel des neufs ateliers rachetés par Chanel depuis 1985 : Desrues (parurier), Lesage (brodeur), Michel (modiste), Massaro (bottier), Goosens (orfèvre et joaillier), Lemarié (plumassier), Guillet (parurier floral), Montex (brodeur au crochet acquis en 2011) et Barrie Knitwear (fabricant d’articles en cachemire basé en Ecosse depuis 140 ans que la maison Chanel vient de racheter).

Paris-Shanghai

Chaque année, Chanel nous fait voyager à l’occasion de ce rendez-vous inhabituel qui se tient en dehors du calendrier conventionnel des collections de Haute-Couture et de Prêt-à-Porter : Tokyo (2005), Los Angeles (2006), Londres (2007), Moscou (2008), Shanghai (2009), Byzance (2010) et Bombay (2011).

Paris Byzance

Présentées initialement comme des pré-collections de la saison Automne-Hhiver, les créations des Métiers d’Art ont atteint un tel niveau de complexité et de perfection qu’elles sont devenues au fur à mesure comparables à des collections de Haute-Couture.

Paris-Bombay

Le 04 décembre dernier, Chanel nous a emporté pour cette onzième édition, à Edimbourg. L’occasion de mettre en avant le savoir-faire lainier de Barrie Knitwear mais aussi de rappeler l’attachement affectif de Mademoiselle Chanel pour l’Ecosse. C’est là-bas qu’elle a en effet découvert grâce au Duc de Westimenter la veste en tweed, le cardigan et le tricot en maille, éléments qu’elle a emprunté au vestiaire masculin pour donner à la silhouette féminine confort et élégance.

Paris-Edimbourg

Le défilé s’est tenu dans le Palais Linlithgow, ancienne résidence royale des Stuarts, où Mary Queen of Scots, future reine de France et d’Écosse est née en 1542. Composé de 78 silhouettes dont plusieurs masculines, il fait la part belle au tweed, à la maille et au tartan.

Paris-Edimbourg

L’ambiance  est sombre, moyen-ageuse, avec des faux-airs de châteaux hantés. Pour braver le froid, les mannequins sont de vêtus de longs manteaux, de pulls XXL et d’imposantes écharpes. Les imprimés écossais côtoient couleurs sombres à l’image du bordeaux, du vert profond, le drap de laine et le cachemire font légion.

Paris-Edimbourg

La petite veste en tweed revisitée et le noeud lavallière orné d’une broche-bijou éclairent les tenues, les manches sont bouffantes et le motif argyle fidèle au tricot jacquard s’improvise sur les jambes. L’allure se veut précieuse, la maitrise des volumes est parfaite et l’ambiance oscille entre costume de la Renaissance et influence néo-punk à la Vivienne Westwood. La fin du défilé s’illumine de blanc éclatant et les silhouettes se font plus douces et romantiques sous l’influence de la soie, des perles et des plumes.

Autre détail étonnant, les bottes recouvertes de fourrure : "C’est une collection anti-talons aiguilles", explique Karl Lagerfeld. "J’aime la facilité des chaussures plates avec une tenue sophistiquée."

Carven et Petit Bateau se rencontrent dans l’univers de l’enfance

Save the date !

La collection Capsule Petit Bateau + Carven sera disponible à partir du 4 décembre 2012 dans les boutiques Petit Bateau et dès le 3 décembre en avant-première sur le site Internet.

Déjà en vente depuis le 05 novembre 2012 chez Colette, cette nouvelle collaboration s’est imposée comme une évidence pour Guillaume Henry, directeur artistique de la maison Carven.

"Nos collaborations étaient jusqu’à maintenant associées à une collection et à un récit spécifique, mais la ligne que nous avons développée avec Petit Bateau va plus loin. Ce n’est plus une histoire liée à la collection, c’est une histoire de valeurs partagées. Il y a une sorte de simplicité joyeuse dans ce qu’ils font. Quand je pense à Petit Bateau, je pense à la fraîcheur." explique t-il.

Pour l’occasion, ce dernier a crée neufs silhouettes (femmes et enfants) qui reprennent les codes communs aux deux marques : l’univers de l’enfance et un côté femme-enfant, preppy très assumé.

"Nous avons essayé de définir la garde-robe Carven à l’aide de quelques volumes emblématiques. Il s’agit toujours d’un mélange de séduction et de discrétion." ajoute Guillaume Henry.

Le style Carven d’aujourd’hui joue en effet sur l’alternance de jupes courtes ou shorts bouffants accompagnés d’un haut plus strict comme une chemise boutonnée jusqu’au cou.

Guillaume Henry établit dans ses collections des contrastes "à la frontière du pudique et du charnel". Ici, cette robe rouge est courte et moulante mais ornée d’un col sage qui adoucit l’ensemble. Chez Carven, tout est dans la nuance et la subtilité. La pose est lascive, un brin suggestive.

La fille Carven est spontanée : "Elle joue la femme mais c’est encore une petite fille qui essaie les vêtements de sa mère et qui n’est toujours à l’aise avec des talons hauts, mais je veux qu’elle reste comme ça."(Conférence IFM 20)

Les inspirations de Guillaume Henry sont surtout cinématographiques à l’image de Charlotte Gainsbourg dans La Petite Voleuse ou l’Effronté. Ce qu’il aime chez elle, c’est son côté "chic adolescent", "Ce n’est pas une fille, ce n’est pas encore une femme, elle est entre-deux. Elle porte le même pull depuis 3 ans" mais elle ne sait pas à quel point elle est craquante car c’est "le charme de ce qui n’est pas décidé". Audrey Hepburn fait également partie de son univers.

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