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Voyages

Jusqu’au 7 janvier 2012

Les affichages sauvages de JR sont des oeuvres éphémères dont la lente dégradation est elle-même hautement créative. Ses photos monumentales sont collées à l’échelle d’un mur, d’une maison, d’un escalier, d’un toit et envahissent des parcelles de villes sous tension : les favelas de Rio, les bidonvilles de Nairobi, les vieux quartiers de Shanghai, la banlieue de Paris.

Celui qui "possède la plus grande galerie du monde à ciel ouvert" bouleverse et fascine le monde de la photo et de l’art contemporain avec ses projets humains et esthétiques. "Je crois que le rôle d’un artiste n’est pas de trouver des solutions mais de soulever des questions".

C’est aujourd’hui au tour de la Galerie Perrotin d’exposer son oeuvre et de diffuser après Arles, le Centre Pompidou, Jérusalem-Bethlehem et Abu Dhabi, le projet Inside Out, expérience collective autour de la représentation de soi et de sa propagation dans l’espace public. Un photomaton est installé dans la galerie et délivre des portraits sous forme de poster : une initiative audacieuse et interactive. En définitive, JR nous invite par cette mise en scène "légèrement" narcissique, à dévoiler notre vision du monde et ses problématiques contemporaines.

Déjà avec Face2Face, JR avait cristallisé autour du conflit israelo-palestinien en érigeant de part et d’autre du mur de séparation à Bethlehem, des portraits immenses hautement expressifs. Les plus symboliques étant ceux  de l’imam, du rabbin et du curé hilares. Une manière forte et édulcorée d’adoucir les tensions : nous sommes voisins, nous faisons le même métier, nous ne sommes finalement pas si différents.

Avec Women Are Heroes, JR concrétise son projet photographique. Pendant deux ans, il voyage aux quatre coins du monde (Brésil, Kenya, Inde, Sierra Leone, Cambodge…) et nous montre comment il construit ses oeuvres, en nous rappelant la place sacrée et fragile des femmes du tiers-monde. Tout le monde peut s’approprier l’oeuvre et participer au projet en l’améliorant, comme ces gamins qui ont proposé de tirer leurs portraits avec des bâches imperméables en vinyle pour recouvrir les toits de Kibera. Qu’elles soient conservées, découpées, dégradées par la pluie ou autres, les oeuvres de JR vivent et continuent même de s’exprimer dans la destruction.

Le street-art a inévitablement le vent en poupe mais cela ne remet aucunement en cause la spontanéité et  l’honnêteté intellectuelle de ce "photograffeur", "artiviste" de talent que Fabrice Bousteau, directeur en chef de Beaux-Arts Magazine -que je rêve de rencontrer- qualifie de "Cartier-Bresson du XXIème siècle".

"Quand je fais des photos, on m’appelle photographe, quand je monte des affiches, on me dit plasticien et quand je fais des films, je deviens réalisateur. Je pense que cela s’englobe très bien dans le rôle d’un artiste, d’utiliser au pluriel les médias, d’utiliser toutes les formes possibles. Je pense que ma génération est née dans une période d’accès à l’image et de son partage. On ne peut pas se priver de cela car c’est une grande force".

JR sur les quais de l’IFM

Ja estou de volta do Brasil !

L’occasion de revenir sur cet ouvrage de Zweig fort intéressant qui bien que s’enfermant parfois dans un point de vue occidental idéaliste, a le mérite de faire une belle synthèse (non-exhaustive : l’auteur lui-même reconnait qu’il n’a pas tout vu du Brésil… et l’Amazonie en fait partie) sur ce pays troublant, merveilleux, paradoxal…

Souvenirs de voyages sur fond de morceaux choisis :

"Puis vint le débarquement à Rio, une des impressions les plus puissantes de ma vie. J’étais à la fois fasciné et bouleversé. Car ce qui se présentait à moi n’était pas seulement un des plus magnifiques paysages de la terre, cette combinaison unique de mer et de montagne, de ville et de nature tropicale, mais encore une forme toute nouvelle de civilisation. Je découvris contre toute attente l’ordre et la netteté architecturale d’un urbanisme tout à fait personnel, de la hardiesse et de la grandeur dans toutes les nouveautés, en même temps qu’une culture ancienne, préservé avec un bonheur tout spécial par la distance. Il y avait là de la couleur et du mouvement, l’oeil étonné ne se lassait pas de regarder, et où que portât le regard, c’était pour sa félicité. Une griserie de beauté et de bonheur s’empara de moi, excitant mes sens, tendant mes nerfs, élargissant mon coeur, emplissant mon esprit et quoique je visse, ce n’était jamais assez."

"La mer s’offre à tous, la beauté s’étale partout, la vie est bon marché (ce n’est plus d’actualité ;-)), les gens sont aimables (en revanche, c’est toujours le cas :-)), et les surprises quotidiennes, qui rendent l’existence si joyeuse, sans qu’on sache pourquoi, sont inépuisables. L’atmosphère a quelque chose de doux et d’enivrant qui vous rend peut-être un peu moins énergique et moins batailleur. On est comblé par l’instant, on se sent satisfait et rassasié, le paysage vous apporte insensiblement cette consolation secrète qui émane de tout ce qui est beau et unique sur terre. La nuit avec ses millions d’étoiles et de lumières, le jour, avec ses couleurs claires, aveuglantes et explosives, au crépuscule, avec ses brouillards légers et ses jeux de nuages, sous la chaleur parfumée, comme sous les orages tropiques : cette ville est un enchantement continuel. Plus on la connaît, plus on l’aime, et pourtant, plus on la connaît, moins on peut la décrire".

"On est confondu, dès l’abord, par une telle luxuriance. Tout est véhément, le soleil, la lumière, les couleurs. Le bleu du ciel vibre ici plus fortement, le vert est profond et saturé, la terre rouge et grasse ; nul peintre ne peut trouver sur sa palette des couleurs plus éblouissantes, plus chatoyantes que celles du plumage des oiseaux ou des ailes des papillons. La nature est toujours ici au superlatif : les orages qui déchirent le ciel du grondement de leurs éclairs, les pluies qui tombent en torrents, la végétation exubérante qui en quelques mois couvre la terre de déserts verts. Mais la terre elle-même, depuis de longs siècles inviolée et pas encore poussée à produire au maximum, répond ici avec une force presque incroyable à la moindre sollicitation."

Ici, l’auteur fait essentiellement référence à Rio mais l’oeuvre fait la part belle à l’histoire et à l’économie du Brésil qui représentent à eux-même les 2/3 de l’ouvrage et qui se révèlent être de passionnants chapitres. Accrochez-vous, vous ne le regretterez pas.

Zweig s’autorise même quelques pointes d’humour. C’est cinglant de vérité mais hautement pardonnable !!

"La ponctualité existe dans la mesure où l’on sait que toute conférence, tout concert commencent à peu près un quart d’heure ou une demi-heure après l’heure annoncée; si l’on règle sa montre comme il faut, on ne manque rien et on s’adapte. La vie en soi est plus importante ici que le temps."

La suite au prochain épisode…

SAUDADES !!!

Voilà, c’est décidé, je pars au Brésil pour une poignée de jours et me voici à nouveau bercée par les "clichés" que je ne peux m’empêcher de m’imaginer en pensant à Rio (où j’ai déjà eu la chance d’aller) et au Brésil en général.
L’occasion de poster ici quelques unes de mes chansons favorites que certains brésiliens taxent de "musique de vieux" ;-) ce que je comprends tout à fait. C’est la même chose pour nous avec Gainsbourg, Brassens. Mais entendons-nous bien, ce sont des intemporels et la Bossa Nova en fait partie. En même temps, la chanson qui suit date de 2005, même si son auteur Gilberto Gil, je vous l’accorde, n’est plus tout jeune enfin vous m’avez compris, ce sont des incontournables. Et puis moi, je ne suis pas brésilienne alors je laisse libre cours à mon imagination.

Vamos !!!

Sans oublier bien entendu l’une des premières chansons en portugais que j’ai entendu (sans compter la Lamabada), que je connais par coeur biensur… et là c’est plus contemporain on va dire : Lembrança do México !!

Souvent je pense à Rio. A défaut de pouvoir y retourner tout de suite, j’y voyage par la pensée en écoutant de la Bossa Nova.
Mes amis vous le diront : je voue un véritable culte pour la culture brésilienne et sa ville emblématique : Rio de Janeiro.

Pourquoi ?

En dehors des clichés, Rio est un endroit qui a tout pour plaire :  des plages baignées de soleil et de lumière, un climat chaud toute l’année et un vie urbaine effervescente ! De plus, les Cariocas sont ouverts, accueillants, bien dans leur corps, bien dans leur peau.

C’est d’ailleurs ce que Mario Testino entend nous transmettre à travers une série de photos personnelles pleines de spontanéité et de fraîcheur ! Ce photographe de mode célébre a beau être péruvien, il n’en demeure pas moins le "carioca" préféré de Gisèle Bundchen. Elle y évoque d’ailleurs de nombreux souvenirs avec lui qui sont retranscrit dans l’ouvrage.

A parcourir de toute urgence !!! Attention, pudiques s’abstenir !


Je me suis longtemps posé la question d’un éventuel blog et nombreuses sont les personnes qui m’ont incité à franchir le pas, donc aujourd’hui c’est décidé : je me lance.

L’objet de ce dernier sera d’aborder au fil de l’actualité les thèmes en relation avec l’agenda culturel et les tendances qui animent l’art, la mode, la beauté, la gastronomie ainsi que mes voyages imaginaires ou réels.

Pourquoi "Le Théâtre de la Création" ?

Ce nom s’inspire d’une exposition organisée en 1945 entre Paris et New York intitulée "Le Petit Théâtre de la Mode" où les plus grands couturiers du moment dont "Dior pour Lelong" ont été présentés sur 200 poupées de 70 cm. J’ai trouvé l’idée originale car elle traduit bien l’idée d’un condensé de société en miniature et je l’ai donc reprise et élargie à la création en général puisque mon blog ne traite pas exclusivement de la mode mais de toutes les formes de créativité moderne.

En espérant que cette interface virtuelle et interactive vous stimulera, je vous souhaite à tous une très bonne visite !

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