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Archives Mensuelles: décembre 2010

Un bâtiment étonnant : une architecture signée Shigeru Ban et Jean de Gastines

Inaugurée en mai 2010,  le Centre Pompidou de Metz réussit le pari de la décentralisation culturelle tout en restant fidèle à la vocation de son aîné parisien qui est de diffuser la création moderne et contemporaine (sous tous ses formes d’expressions artistiques : peinture, sculpture, installation etc.) en sensibilisant le public aux œuvres majeures du XX et XXIème siècle.

Ce lieu d’exception se compose de quatre niveaux : la Grande Nef, la Galerie 1, 2 et 3.

Actuellement, l’ensemble des espaces du musée est consacrée à l’exposition "Chefs-d’œuvre ?" qui propose une large collection de  près de 800 œuvres pluridisciplinaires. Peu à peu, chaque galerie fermera progressivement laissera place aux prochaines expositions :

-la Galerie 3, le 17 janvier 2011
-la Galerie 1, le 9 mai 2011
-la Grande Nef, le 4 juillet 2011
-la Galerie 2, le 29 août 2011

Par ces quatre espaces, l’exposition entend questionner l’idée de chef-d’œuvre à travers des pistes de réflexion essentielles :

- Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? La notion de chef-d’œuvre a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Qui décide ce qu’est un chef-d’œuvre ? Un chef-d’œuvre est-il éternel ?

La première partie de l’exposition (la Grande Nef) s’apparente davantage à un parcours anthologique sur les chefs d’œuvre dans l’histoire. Elle s’ouvre sur "La Tristesse du roi" de Matisse (fabuleux !) et se ferme par "Les Trois bleus" de Miró… ce qui a le mérite de donner le ton ! Il y a également à mi-parcours de superbes fresques (cf. photo ci-dessous) de Robert Delaunay, qui ont servies aux décors du Palais des Chemins de Fers et que l’artiste créa en 1937 à l’occasion de l’Exposition Internationale de Paris. Elles impressionnent par leur taille et on se réjouit que  le Centre Pompidou est enfin trouver l’espace nécessaire pour les exposer.

La Galerie 1 s’inscrit dans la continuité de la Grande Nef en analysant l’histoire des chefs d’œuvres. Dès l’entrée, les visiteurs seront stupéfaits de découvrir l’œuvre poétique de Penone "Respirare l’ombra", où des milliers de feuilles de lauriers couleur bronze sont amassées dans des cages métalliques empilées. Conceptuel mais très touchant.

Par ailleurs, en accord avec la vocation chère au Centre Pompidou, tous les supports créatifs sont représentés : installations avec la boutique niçoise de Ben, tableaux-objets de Martial Raysse, extraits de films de Luis Buñel ou Jean Renoir, salle avec les "ready-made" de Duchamp, hommage à la musique avec De Staël et son "Orchestre" ou encore prototype du monument à  la III International de Tatlin…  La liste est longue tant les chefs d’œuvre inondent.

La Galerie  2 se présente comme un parcours onirique qui met en scène les œuvres d’une façon très singulière. C’est d’ailleurs cet espace que j’ai personnellement le plus apprécié car je l’ai trouvé très recherché.
 Je vous laisse découvrir en image pour comprendre.

Les œuvres sont en effet exposées d’une manière bien inhabituelle puisque neutre de toute indication. Pour en savoir un peu plus, il faut quitter la lumineuse galerie centrale pour le sombre couloir – ou alors faire appel à sa culture artistique pour deviner la paternité des œuvres : on reconnaîtra d’ailleurs aisément sur la photo ci-dessus une toile de Dubuffet, une anthropométrie généreuse de Klein contrastant avec la femme debout bien décharnée de Giacometti. En fait, chaque œuvre est ponctuée de son histoire mais le visiteur doit pencher sa tête à travers la lucarne derrière le mur blanc pour y avoir accès. On découvre ainsi les œuvres et leur histoire dans un sorte de chassé croisé  ludique et captivant.

Cet étage propose également un parcours historique sur les établissements d’art moderne construits en France depuis 1937 avec des maquettes, des dessins et des éléments filmés. L’occasion de faire le point sur les lieux que vous n’avez pas encore visité et qui restent à découvrir

La Galerie 3 (et lorsque vous y parviendrez vous serez fatigué mais comblé) interroge notre rapport au chef-d’œuvre. L’apparition de la photographie, de la vidéo ou du support numérique a en effet modifié notre manière d’aborder l’œuvre. Sans proposer de réponse précise mais ouvrant simplement la voie aux interrogations de chacun,  ce dernier chapitre invite à repenser la place et l’avenir du chef-d’œuvre face aux copies et aux reproductions.

Lorsque je lis les mots de Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz, je ne peux m’empêcher de penser qu’il a bien fait son travail  :

« Tout sera mis en œuvre pour provoquer la surprise, l’émerveillement, le plaisir et pour stimuler et renouveler sans cesse l’intérêt des publics pour l’art contemporain. »

BRAVO !

http://videos.arte.tv/fr/videos/le_centre_pompidou_metz_les_architectes_shigeru_ban_et_jean_de_gastines-3215756.html

En ces périodes de fêtes de fin d’année, il faudrait être littéralement coupé du monde des medias (ce qui est parfois mon cas, en particulier avec la télévision) pour ne pas remarquer les déferlantes de publicités qui animent l’univers du parfum.
Cela m’a permis de redécouvrir cette courte séquence pour Shalimar de Guerlain (2008) avec en toile de fond Natalia Vodianova qui anime avec sensualité et douceur l’antre épuré de cette chambre à coucher. La musique de Gainsbourg, hommage à BB, qui l’accompagne donne également le ton.

J’ai décidé de poster cette vidéo car elle m’a touché et l’objet de mon blog est avant de vous faire part de mes coups de coeur esthétique.

De plus, je suis une grande admiratrice du nu féminin dans l’art (à l’image de Ingres, Schiele, Gervex pour la peinture, Jean Loup Sieff, Irving Penn, Peter Lindbergh pour la photographie) et ce film publicitaire s’inscrit parfaitement dans cette lignée.

Après avoir été évincé en 1998 pour les Particules Elémentaires , en 2001 pour Plateforme et quatre ans plus tard (à une voix près) pour La Possibilité d’une île, Houellebecq a enfin été couronné par le Prix Goncourt 2010 pour son dernier roman : La Carte et le Territoire. Il est vrai que celui qui se décrit comme un solitaire semblable à une « vieille tortue malade » se montre ici plus « soft » que dans ses précédents romans.
Il affiche un style épuré et aborde des thèmes moins polémiques que la débauche sexuelle à l’image de l’art, l’argent, l’amour, le terroir, les rapports père-fils, la mort etc. De plus, ce dernier roman tranche avec les précédents car il montre en toile de fond un auteur plus apaisé et qui semble, dans une certaine mesure, s’être réconcilié avec ses vieux démons. En effet, Houellebecq a vieilli : il s’est assagi et affronte avec davantage de sérénité la condition fragile de l’homme et son avenir dans les sociétés occidentales.

Emprunt à des critiques virulentes à son égard, Houellebecq a été pendant de nombreuses années dépeint comme quelqu’un de cynique et sinistre. Pourtant, ceux qui auront cerné la sensibilité de l’auteur apprécieront sans polémique son détachement naturel, caractéristique de sa personnalité. Car comme le dit si justement Frédéric Beigbeder,  « le plus houellebecquien des personnages c’est Houellebecq lui-même ».  C’est un homme profondément libre qui se fiche des conséquences et qui n’hésite pas à déclarer publiquement que « la religion la plus con, c’est quand même l’Islam »[1]. Provocateur scandaleux, Houellebecq n’en demeure pas moins un grand écrivain et le Goncourt le rappelle en consacrant une œuvre considérable qui gagne à être lue dans son ensemble pour être appréhendée à sa juste valeur. Les romans de Houellebecq sont  irrémédiablement à l’image de l’absurde décadence de la postmodernité.

La Carte et le Territoire se compose de trois parties qui relatent le destin de Jed Martin, un artiste plasticien qui semble réussir malgré lui.  Caractéristique des personnages houellebecquiens, Jed est un être profondément détaché mais pas complètement insensible. Le récit s’ouvre sur un événement de la vie quotidienne : un problème de plomberie survenue quelques jours avant Noël et qui semble avoir contrarié le protagoniste. On apprend ensuite que ce dernier a perdu sa mère (qui s’est suicidée à l’âge de 40 ans) et qu’il passe tous ses réveillons de fin d’année exclusivement avec son père, industriel accompli passionné par l’architecture mais désireux d’en finir avec la vie.  Au fil de l’histoire, Jed rencontre Olga lors du vernissage de son expo photos de cartes Michelin, « la Carte est plus intéressante que le Territoire ». Cette jolie russe travaille pour la communication du groupe Michelin et lui ouvre son carnet d’adresses le propulsant ainsi vers la voie du succès.  Malheureusement, cette dernière doit repartir en Russie. Il ne la retiendra pas. Jed renoue alors avec sa passion première, la peinture et enregistre un franc succès avec « Bill Gates et Steve Jobs s’entretenant de l’avenir de l’informatique »  (à défaut d’un « Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art » que le peintre avait préalablement détruit, faute de satisfaction).

Dès la deuxième partie, Houellebecq opère une étonnante mise en abyme en  se confrontant à son héros pour lequel il doit écrire la préface de son catalogue.  On découvre alors un Houellebecq qui ne manque pas de s’ironiser et s’amuse à se diaboliser. La troisième partie apparue plus faible aux yeux de certains, affiche un style résolument nouveau puisque Houellebecq s’essaie dans l’art du polar et il y arrive plutôt bien. On a alors l’impression que l’on passe d’un roman d’amour à un roman policier. C’est tellement intriguant que l’on est curieux de voir où l’auteur nous emmène. Les romantiques que nous sommes parfois auraient peut-être attendu un autre rebondissement dans la vie de Jed Martin mais il n’en est rien car La Carte et le Territoire c’est avant tout un autoportrait réaliste qui s’inscrit dans le cheminement intellectuel de Houellebecq.


[1] Lors d’une interview pour Lire à la sortie de Plateforme en 2001

Une exposition remarquable aux Arts Décoratifs !


Que vous ayez manqué ou non, la première partie de cette histoire idéale portant sur la mode des années 80-90, filez dans ce paradis enchanteresque découvrir les plus belles créations de haute couture de la fin de notre temps. Nous en méconnaissons trop souvent certains pour s’en priver !

De l’école belge d’Anvers avec Martin Margiela, Dries Van Noten aux créateurs japonais à l’instar de Issey Myake, Yohji Yamamoto, Comme des Garçons en passant par la mode conceptuelle et onirique de Hussein Chalayan, Viktor & Rolf et Alexander McQueen, sans oublier John Galliano pour Givenchy et Dior, Karl Lagarfeld pour Chanel, Nicolas Ghesquière pour Balenciaga, et enfin Alber Elbaz pour Lanvin : bref, vous l’aurez compris, il y en a pour tous les goûts !

Pourtant, l’exposition ne prétent pas être exhaustive[1] mais elle a le mérite d’apporter une bonne vue d’ensemble sur les influences majeures qui ont marqué les deux dernières décennies. On découvre ainsi les différents univers des créateurs qui ont suivi l’époque de la mode joyeuse et colorée des années 80 avec Castelbajac et Jean-Paul Gaultier.

Si les années 90 révèlent une certaine hétérogénéité des tendances, les années 2000 compte tenu des événements mondiaux s’ouvrent sur une note plus épurée, voire plus poétique… La mode entre dans une nouvelle ère, une mouvance moins tapageuse, plus expérimentale.

L’iconoclaste Martin Margiela tranche avec son goût pour la déconstruction. Il ironise le vêtement et fait défiler ses mannequins avec un bandeau noir sur les yeux. Il voue un véritable culte pour l’anonymat et se joue des conventions comme Rei Kawakubo (sous la griffe "Comme des garçons") dont les créations vestimentaires s’apparentent plus à des oeuvres d’arts. Quoi de plus surprenant que sa collection "à bosse" qui déforme délibérément les corps ! Son élève Junya Watanabe s’affirme également avec des collections touchantes, techniquement complexes mais baignées de légèreté et de délicatesse (cf. défilé de 2003 avec ses "robes parachutes"). Issey Miyake joue également avec le tissu en élaborant de véritables "sculptures de textile".

Helmut Lang et Muccia Prada s’affirment par leur minimalisme, emprunt de simplicité et de sobriété. A l’inverse, John Galliano contraste avec ses excès de matières et l’exhubérance de ses robes portées par des femmes hautes en couleurs. Nicolas Ghesquière reprend en 2001 la maison Balenciaga, fermée en 1968 par son créateur et s’oriente vers un style mêlant romantisme et futurisme.

Mention spéciale pour le fabuleux défilé de Alexander McQueen collection printemps-été 2004 (cf. photo ci-dessous) qui m’a littéralement fasciné puisque je l’ai regardé dans son intégralité les yeux grand ouverts (environ 30 mn). Ce pastiche de "On achève bien les chevaux" est un véritable spectacle (chorégraphie de Michael Clark), dans la tradition des shows médiatiques à la Thierry Mugler, qui met en scène une troupe de danseurs et de mannequins à la limite de l’épuisement. Tout simplement poignant !


[1] 150 modèles sélectionnées parmi les collections les plus emblématiques

A découvrir également pour compléter votre soif d’apprendre :

Le livre à l’origine de la rétrospective "Histoire Idéale de la Mode Contemporaine" de Olivier Saillard (commissaire de l’exposition) , un petit bijou qui entend vous offrir "les plus beaux défilés de 1971 à nos jours" à travers de larges photos sur papier glacé. Un délice !

Financier au thé vert matcha


Une alternative à la version classique ou au chocolat !  Sa couleur verte intrigante saura séduire vos invités et égailler vos tables !

Où trouver du thé vert matcha ?

Le thé vert matcha (en poudre) est généralement conditionné dans des boites de 40g, disponibles dans les épiceries asiatiques ou dans les maisons de thés spécialisées (Mariage Frères, Dammann).

Pour une quinzaine de financiers :

INGRÉDIENTS

  • 100 g de farine
  • 300 g de sucre glace
  • 150 g de poudre d’amandes
  • 350 g de beurre
  • 8 blancs d’oeufs
  • 1 cuillère à soupe de thé vert matcha

RECETTE

    Préchauffer le four à 210° (th. 7). Dans une casserole, faire cuire le beurre jusqu’à ce qu’il prenne une légère coloration noisette. Le filtrer aussitôt et laisser tiédir. Beurrer au pinceau les moules à financier.
    Mélanger la farine avec le sucre glace, le thé et la poudre d’amandes. Incorporer progressivement les blancs d’oeufs, puis verser le beurre fondu sans cesser de remuer. La préparation doit être lisse. Laisser refroidir.
    Garnir les moules de pâte. Les poser sur la plaque du four et la placer à mi-hauteur. Faire cuire pendant 8 mn à 210° (th. 7). Démouler à la sortie du four. Laisser refroidir. Déguster froid.

    (inspiré de Elle Cuisine)

    Astuce :

    Utiliser un moule en silicone (8 emplacements). Ils sont souples et sans contraintes pour un démoulage facile et rapide !

    Ne jettez pas les jaunes d’oeufs, ils constitueront une excellente base pour la préparation d’une crème anglaise d’accompagnement.

     

     

    Panna Cotta à la violette

     


    Le dessert italien par excellence : rapide et inratable, les clés d’un succès assuré !

    Que veux-dire "Panna Cotta" ? C’est tout simplement la traduction littérale de "Crème Cuite" en italien.

    Un enchantement pour les yeux et le palais :)

    Pour cette recette, je vous conseille de ne pas trop sucrer la crème liquide car le sirop faisant office de coulis, l’est déjà par nature.

    Pour 6 personnes :

    INGRÉDIENTS

    • 50 cl de crème fleurette
    • 20 cl de lait froid demi-écrémé
    • 3 cuillères à soupe de sucre
    • 3 feuilles de gélatine (ou 2g d’agar-agar pour les végétariens)
    • 2 cuillères à soupe de poudre de violette (à défaut faire infuser du thé à la violette dans la crème)
    • Quelques feuilles de menthes et des bonbons à la violette (ou fleurs de violette cristallisées) pour la décoration

     

      RECETTE

      Faire chauffer à feu moyen la crème liquide avec le sucre. Ajouter la poudre de violette ou faire infuser le thé à la violette directement dans la crème chaude. Dans un grand verre,  placer les feuilles de gélatine durant deux minutes pour qu’elles fondent. Lorsque la crème commence à frémir, incorporer délicatement la gélatine en battant énergiquement (ou l’agar-agar directement). Arrêter la cuisson lorsque la crème commence à mousser et verser le lait froid à la fin. Verser le mélange dans des petites verrines adaptées et laisser reposer quelques heures au réfrigérateur dans l’emplacement le plus froid. Au moment de servir, vous pouvez démouler délicatement les crèmes avec le dos d’un couteau plat ou servir directement dans les verres avec le sirop de violette en touche finale.  Disposer quelques feuilles de menthe sur le côté de l’assiette avec un bonbon à la violette en guise d’ornementation.

      Dépêchez-vous : le MAM vous accueille jusqu’au 30 janvier 2011 de 10h à 18h en semaine et le jeudi jusqu’à 22h en nocturne.

      L’exposition est organisée chronologiquement en douze salles qui retracent huit années de production artistique. Une courte biographie reproduite à l’entrée de l’exposition vous permettra de situer l’artiste, ses origines, ses influences, son environnement.  En revanche, ne vous attendez pas à avoir des explications détaillées sur une sélection d’œuvres phares, il n’y en a malheureusement pas. Seul un mince dépliant est distribué et il est très synthétique[1]. Malgré tout, l’exposition est riche et permettra d’apprécier à sa juste valeur  la singularité de l’œuvre de Basquiat.

      Des graffiti poétiques sur les murs de Downtown Manhattan avec SAMO[2] à sa collaboration avec Warhol, le visiteur découvrira peu à peu l’art de cet autodidacte de Brooklyn. Un art qui a la particularité de redonner un second souffle au modernisme par une figuration délibérément libre qui se pose à contre courant de l’art conceptuel et de l’art minimal de l’époque. Basquiat reprend tout ce qui l’entoure ou le définit (culture hip-hop, publicité, mythologie vaudou, dessins anatomiques, bande dessinée etc…) et en a fait le sien. Il célèbre également d’une couronne dorée les grands boxeurs afro-américains et les chanteurs de jazz pour lesquels il vouait une grande admiration.

      Par son usage des couleurs, des mots et des codes de la société américaine, Basquiat mêle ainsi primitivisme à un expressionisme violent ce qui confère à ses toiles une force explosive sans précédent. « Si vous "lisez" à voix haute les toiles… la répétition, le rythme… vous pouvez entendre Jean-Michel penser » déclara à ce titre Fab 5 Freddy, ami graffeur de l’artiste. Et c’est bien de ça qu’il s’agit : les tableaux de Basquiat sont magiques car ils dialoguent avec vous et c’est hanté par ses questionnements sur l’existence et la mort, que vous sortirez de l’exposition.

      Ses dernières toiles empreintes d’un élan moribond, semblent en effet annoncer tel un rêve prémonitoire le destin tragique de l’enfant radieux. Mention spéciale pour « Pegasus », sorte de rébus et d’amoncellement de mots qui s’enchainent, s’excluent et s’effacent, que vous pourrez longuement analyser avant de quitter les lieux. Un grand regret que « Riding with Death », une danse macabre entre l’artiste et la mort hautement symbolique, soit absent de la rétrospective. Vous pourrez malgré tout, voir à quoi ressemble cette toile à la fin de n’importe quel livre d’art portant sur Basquiat ou bien entendu sur Google mais c’est plus noble dans un livre, n’est-ce pas ?

      Elevé au rang d’icône par sa courte et effervescente existence, « Jean-Michel a vécu comme une flamme. Il a brûlé de manière très vive. Puis le feu s’est éteint. Mais les braises sont encore rouges » comme l’a si bien dit Fab 5 Freddy à sa mort. On ne peut s’empêcher de croire qu’il est parti trop tôt,  à un moment clé où son art et sa créativité commençaient enfin à se préciser et à s’affirmer…


      • [1] Vous avez également la possibilité d’acheter aux caisses un guide de l’expo pour 4 euros
      • [2] « Same Old Shit »

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      A voir sur les écrans !

       

      Je me suis longtemps posé la question d’un éventuel blog et nombreuses sont les personnes qui m’ont incité à franchir le pas, donc aujourd’hui c’est décidé : je me lance.

      L’objet de ce dernier sera d’aborder au fil de l’actualité les thèmes en relation avec l’agenda culturel et les tendances qui animent l’art, la mode, la beauté, la gastronomie ainsi que mes voyages imaginaires ou réels.

      Pourquoi "Le Théâtre de la Création" ?

      Ce nom s’inspire d’une exposition organisée en 1945 entre Paris et New York intitulée "Le Petit Théâtre de la Mode" où les plus grands couturiers du moment dont "Dior pour Lelong" ont été présentés sur 200 poupées de 70 cm. J’ai trouvé l’idée originale car elle traduit bien l’idée d’un condensé de société en miniature et je l’ai donc reprise et élargie à la création en général puisque mon blog ne traite pas exclusivement de la mode mais de toutes les formes de créativité moderne.

      En espérant que cette interface virtuelle et interactive vous stimulera, je vous souhaite à tous une très bonne visite !

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